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Concernant le Tour, il faut toujours y croire


Interview de Emmanuel Hubert, Manager général de l’équipe Arkéa-Samsic Les coureurs cyclistes, comme l’ensemble des autres athlètes, sont à l’arrêt jusqu’à la fin du mois d’avril en raison de la pandémie. Que fait un manager sportif sans compétition ? Quelles peuvent être les relations avec les sponsors et les partenaires dans ce moment particulier ?

Un Manager Général d’équipe cycliste professionnelle dans une période de pandémie mondiale est bien occupé ! Il faut, en effet, savoir qu’une équipe cycliste est une belle PME, donc, durant cette période de non-activité historique, je dois continuer à préserver un lien fort avec l’ensemble de mes partenaires. Leur demander d’abord de leurs nouvelles, ce qui est primordial à mes yeux, et ensuite je leur en donne des nôtres. Je suis aussi en relation avec l’ensemble de mon staff, entendez par-là tout le personnel administratif, puis, bien évidemment, mes coureurs. On garde tous du lien, on sait que la période est grave, mais nous essayons toutefois de garder le sourire, en nous disant tous, les uns et les autres, que de nombreuses personnes souffrent à travers le monde, mais aussi que cette période nous unit encore plus, et va nous rendre plus fort encore. Avant de savoir si les coureurs prendront le départ du Tour de France, et dans quelle configuration (huis-clos ou pas), comment se déroule la préparation de vos coureurs ? Certains coureurs étrangers peuvent-ils encore rouler ? Plus personne ne roule sur les routes au sein de l’équipe Arkea-Samsic ! Nos trois Colombiens, dont Nairo Quintana, sont confinés chez eux, ceci est un décret appliqué par le Gouvernement de ce pays à l’ensemble de ses citoyens. Nos coureurs français appliquent le confinement demandé par les autorités sanitaires et le Gouvernement du Président de la République, Emmanuel Macron. Nos coureurs s’entraînent chez eux, nous sommes professionnels, et nous nous devons de donner l’exemple. Ils font des séances de home-trainer et nous avons pris un coach qui leur fait faire des séances de PPG (Préparation Physique Générale), ils apprécient beaucoup, car c’est très ludique, et cela évite qu’une routine et une forme de lassitude s’installent avec uniquement du home-trainer. Sur le plan juridique, vos coureurs sont-ils au chômage, en activité partielle, ou autre ?

Nous maintenons, comme je vous l’ai dit, le lien avec nos coureurs, donc celui de l’entraînement également, car nous voulons qu’ils reprennent la saison dans la meilleure des conditions physiques possible. Les leaders comme Nairo Quintana ou Warren Barguil bénéficient-ils d’une préparation spécifique ?

Non, chez nous, tous les coureurs sont identiques, et leur préparation est un socle commun. Après, il est évident que nos entraîneurs ne donnent pas les mêmes exercices à exécuter qu’ils soient grimpeurs, rouleurs ou bien sprinters. Certaines équipes font appel à des applications comme « Zwift », complément à une préparation physique. Est-ce aussi le cas pour vos coureurs ? Le numérique est-il utile aux sportifs dans ces moments de confinement ?

Il y a certains de nos coureurs qui utilisent cette plateforme d’entraînement connecté avec d’autres coureurs. Après, il ne faut pas qu’il y ait de surenchère, d’interprétation de classement, par exemple. Cette plateforme d’entraînement n’est pas une course, et les coureurs professionnels ne doivent pas être jugés sur leur prestation. Ne l’oublions pas, ils s’entraînent. Point. Mes coureurs sont professionnels sur la route, comme ceux d’autres équipes. Mais, oui, pour revenir à votre question le numérique est un moyen ludique de s’entraîner en groupe, dans la bonne humeur. Je l’ai moi-même testé, avec nos partenaires et quelques-uns de nos coureurs, cela a été un beau moment d’échange et de partage entre nous tous. Quel message aimeriez-vous délivrer aux amateurs du Tour de France ?

Il faut d’abord sortir de cette crise sanitaire de manière définitive, c’est le plus important, et après, le Tour est un vecteur de bonheur. Concernant le Tour, il faut toujours y croire, la force du Tour de France est d’être le baromètre du moral de nombreuses personnes. Le Tour, même les non-initiés de cyclisme, le suivent. Plus que jamais le Tour pourrait cette année redonner envie de sourire à de nombreuses personnes.

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