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L’appli Copass pour aider les entreprises et les collectivités à organiser le retour au travail


Interview de David Layani, Président-fondateur, Onepoint


Vous avez lancé il y a quelques jours avec le Crédit Agricole l’application « Copass » pour aider les entreprises et les collectivités à organiser le retour au travail et à protéger leurs collaborateurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?


C’est évidemment un enjeu majeur. Dans cette période où tout doit être repensé, car tout est inédit, il faut savoir apporter des réponses qu’on ne trouve pas sur étagère. Avec le Crédit Agricole, nous avons engagé dans un temps très court une réflexion sur la manière concrète de rassurer tous ceux qui ont envie de travailler mais s’inquiètent légitimement de leurs conditions de reprise du travail.


C’est ainsi que nous avons conçu une solution permettant un retour sur les lieux de travail post-confinement dans des conditions de sécurité sanitaire compatibles avec les attentes des salariés et des employeurs. Cette plateforme numérique COPASS permettra à chaque entreprise d’adapter les conditions de travail individuelles et collectives en fonction du niveau de vulnérabilité lié à la pandémie, et de rassurer et protéger les salariés dans cette phase pleine de craintes et d’incertitude.


COPASS est une plateforme numérique qui offre aux entreprises un cadre pour leurs protocoles d’organisation du travail, dans le respect strict de notre conception des libertés publiques et de la protection des données personnelles. Concrètement, les employés doivent compléter un questionnaire et reçoivent en échange un QR code personnel dont la couleur conditionnera leur protocole de travail : maintien du télétravail, retour sur site en horaire alterné, retour sur site mais dans une unité réduite, orientation vers un test de dépistage. La sécurité de nos salariés n’est pas une option, elle s’impose à tous.

OnePoint est une entreprise spécialisée dans la transformation numérique… Eu égard à la distanciation sociale, vous avez dû être très sollicités depuis le début du confinement. Quels sont les principales difficultés liées à la transformation numérique ? Sont-elles culturelles, organisationnelles, logistiques ou les 3 à la fois ?


En effet, on ne peut pas aborder des « objets » aussi complexes en ne regardant qu’une de leurs facettes. Se transformer, c’est tout à la fois repenser la manière dont une entreprise conçoit sa culture et sa raison d’être et la projette dans une organisation plus agile et résiliente (en privilégiant un dialogue très horizontal des expertises, plutôt que les modèles pyramidaux classiques) et réinventer la façon dont elle livre des produits et des services à ses clients, à travers une logistique beaucoup plus souple et évolutive.


Toutes les dimensions de la transformation doivent être intégrées, car elles doivent s’articuler parfaitement et emporter l’adhésion de toute l’organisation pour que la performance de long terme de l’entreprise soit au rendez-vous. La culture, c’est-à-dire ce qui fait le sens et le ciment d’un collectif, est au cœur de la transformation.


En même temps, la période actuelle démontre que l’agilité repose aussi sur la capacité à décider vite, ce qui suppose une certaine verticalité pour pouvoir décider vite et courageusement.

La transformation numérique n’est pas le seul enjeu actuel, il y a également un vrai sujet de transformation organisationnelle, en particulier au niveau du secteur public. OnePoint se présente comme « l’architecte » des grandes transformations »… Pour filer la métaphore architecturale, le bâtiment public doit-il être rénové ou réhabilité ?


Nous réfléchissons beaucoup à l’avenir des lieux et à ce que peut être un bâtiment intelligent, votre métaphore me parle donc beaucoup.


Oui, le bâtiment public doit évidemment continuer à se réinventer : accueil des usagers, gestion de la circulation, qualité de l’expérience proposée, intégration dans la ville…Notre regard sur le secteur public est bien celui d’un architecte dont le souci est de proposer une expérience et un service de qualité, s’incarnant dans un lieu et une organisation.

Les acteurs publics sont engagés depuis presque deux décennies dans un cycle de transformations profondes visant à moderniser le service public, pour plus d’efficacité et de proximité avec les citoyens. Le numérique constitue naturellement l’un des principaux leviers de cette transformation et il faut maintenant aller plus loin. La crise actuelle est bien sûr un révélateur des lacunes et des insuffisances (des acteurs publics sont à l’arrêt, d’autres peinent à fonctionner à distance…).


Les attentes du citoyen, en termes de simplification et de dématérialisation des procédures, sont considérables. Lorsqu’il interagit avec les services publics, il attend un niveau d’expérience digitale similaire à celui offert par les acteurs privés. Il appartient à l’ensemble des acteurs de la sphère publique d’offrir au citoyen des interfaces aussiperformantes, accessibles et fluides.


La plateformisation globale des services impose à l’Etat de s’inscrire dans ce mouvement de transformation et de devenir lui-même un Etat-plateforme.

Nous devons tous nous repenser, tous nous réinventer et aucune entreprise ni aucune institution publique n’y échappera. Le métier d’architecte des transformations de OnePoint sera-t-il aussi repensé pour s’adapter aux nouveaux contextes et aux nouvelles technologies en permanente mutation ? Y a-t-il une culture de la mutation, un état d’esprit de la transformation, des rites de réinvention ?


Oui, bien sûr, l’adaptation et l’agilité font partie de l’ADN de onepoint. Pour rester en phase avec les mutations accélérées de la société, des savoirs et des technologies, nous devons être des « entreprises apprenantes ». Notre enjeu est de former continuellement des salariés « augmentés » par leur capacité à utiliser tous les leviers de l’innovation (data et IA,cyberprotection, en particulier).


L’état d’esprit que nous essayons d’entretenir, c’est celui d’une ouverture permanente à l’innovation et d’écoute de ce que nos clients peuvent apporter de nouveau. Notre posture, c’est de ne jamais s’enfermer dans les évidences, d’aller toujours au-delà de celles-ci en ayant la modestie d’écouter et de toujours chercher à apprendre.

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